Réseau Gsep

Groupe Septentrional d'Etudes et de recherche sur la Sclérose En Plaques

1. Qu’est-ce que la sclérose en plaques ?

La SEP est une maladie inflammatoire qui touche le système nerveux central c'est-à-dire le cerveau, le nerf optique et la moelle épinière. Elle se caractérise par la destruction de la gaine de myéline, membrane qui entoure et qui protège l’axone (prolongement du neurone) et qui permet une conduction rapide de l’influx nerveux. L’atteinte de la myéline provoque des lésions qui entraînent un trouble de la conduction de l’influx nerveux et font apparaître des symptômes neurologiques.
Dans la SEP, la perte de la myéline (démyélinisation) s’accompagne d’une perturbation dans la faculté des nerfs de transmettre l’influx nerveux à partir du cerveau vers les membres et à partir des membres vers le cerveau. La démyélinisation et l’inflammation entraînent la mort d’un certain nombre de neurones.


STRUCTURE D’UN NEURONE AVEC GAINE DE MYELINE


2. Quelle est la cause de la SEP ?

Malgré une description qui remonte à près de 150 ans et de nombreuses recherches, la cause de la SEP reste inconnue. Il est fort probable que la combinaison de plusieurs facteurs (génétiques et /ou environnementaux) présents simultanément, concourent au déclenchement de la maladie. La SEP n’est pas une maladie héréditaire. Les dommages causés par la SEP pourraient être dus à une réponse anormale du système immunitaire de l’organisme et qui est normalement appelé à défendre le corps contre les agents infectieux.

 

3. Qui est atteint de la SEP ?

Les femmes risquent davantage que les hommes d’être atteintes de la SEP. En effet, la fréquence de cette maladie est 50% plus élevée chez les femmes que chez les hommes (c'est-à-dire que trois femmes sont atteintes pour deux hommes).
La sclérose en plaques est une maladie qui frappe de jeunes adultes, l’âge moyen d’apparition étant de 29 à 33 ans. Cependant, la fourchette totale de la genèse de la maladie est très large et varie environ de 10 à 59 ans.

 

4. Quels sont les symptômes de la SEP ?

En raison de la multiplicité de la localisation des lésions, les symptômes qui inaugurent la maladie sont divers d’un sujet à l’autre. Ils peuvent être :

En raison de la multiplicité de la localisation des lésions, les symptômes qui inaugurent la maladie sont divers d'un sujet à l'autre. Ils peuvent être :

 

5. Quelle est l’évolution de la maladie ?

Le plus souvent au début de la maladie, il est impossible de prédire, pour un patient donné, quels seront la fréquence et le degré de récupération des poussées, ni son état neurologique au bout de 2, 4, 10, 20 années.
Chaque patient est un cas individuel qui ne ressemble à aucun autre. L’évolution dans le temps et l’expression de la maladie sont très variables d’un malade à l’autre.

Nous retiendrons trois grandes catégories de SEP et leurs évolutions :

 

6. Comment fait-on le diagnostic ?

L’examen le plus contributif au diagnostic de la SEP est l’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique). Toutefois, dans certains cas, un autre diagnostic reste fortement suspecté, ou dans d’autres cas encore, les symptômes et signes ne sont pas typiques et les résultats de l’IRM ne suffisent pas pour approcher le diagnostic. D’autres examens complémentaires sont alors nécessaires.


IRM

C’est un outil qui produit des images très détaillées du cerveau et de la moelle épinière et qui permet de visualiser les plaques de la SEP. Il ne peut cependant être comme définitif c'est à dire d’une part l’appareil n’est pas capable de détecter toutes les lésions, et d’autres part, il existe d’autres affections qui peuvent produire des anomalies identiques.Cependant, l’exploration par IRM montre clairement la taille, la quantité et la distribution des lésions de sorte qu’avec les autres indices obtenus dans le dossier médical et l’examen neurologique du patient, elle constitue un indicateur très important pour confirmer le diagnostic de la SEP.

Les potentiels évoqués

Lorsque la démyélinisation survient, la transmission de l’influx nerveux est très ralentie. L’étude des potentiels évoqués permet de mesurer le temps dont le cerveau a besoin pour recevoir et interpréter de tels messages (vitesse de conduction nerveuse). On y parvient en plaçant de petites électrodes sur la tête, qui enregistrent les ondes cérébrales suscitées en réponse à des stimuli visuels, auditifs ou sensitifs.En temps normal, la réponse du cerveau à de tels stimuli est presque instantanée. S’il y a une démyélinisation dans le système nerveux central, un retard peut intervenir. Comme ce test n’est pas invasif ou douloureux, il n’exige aucune hospitalisation.

La ponction lombaire

Dans ce test on prélève du fluide céphalorachidien (le liquide qui s’écoule autour du cerveau et de la moelle épinière) afin d’y rechercher des anticorps particuliers. Le liquide est prélevé en insérant une aiguille dans le dos et en récoltant une petite quantité. Une anesthésie locale est pratiquée pour insensibiliser la peau, de sorte que la séance, bien qu’inconfortable, n’est généralement pas douloureuse. Comme cet examen exige que le patient reste couché sur le dos pendant plusieurs heures, une nuit à l’hôpital peut s’avérer nécessaire.Ce test peut confirmer la présence d’une inflammation et est positif chez 90 à 95 % des patients atteints de la SEP.


7. Quels sont les traitements possibles ?

La recherche a permis de mieux connaître la SEP, de mettre au point de nouvelles thérapeutiques, de valider leurs effets.
Aujourd’hui, aucun traitement n’est capable d’entraîner une guérison totale et définitive de la SEP ; toutefois, le développement de nouvelles molécules a permis de modifier l’évolution de la maladie au moins à court terme.


Traitement des symptômes

L e traitement spécifique de certains symptômes permet d’améliorer la vie quotidienne des patients et est primordial dans la prise en charge du patient.
Fatigue, dépression, spasmes, tremblements, problèmes de vessie, douleurs, peuvent être traités par des médicaments appropriés. Votre neurologue pourra vous conseiller et entamer une thérapie pour ces symptômes.

Traitement des poussées

Une poussée est caractérisée par l’apparition rapide d’un symptôme nouveau ou d’un ensemble de symptômes ou par l’aggravation rapide de manifestations préexistantes. La poussée atteint son maximum en quelques heures ou en quelques jours. Certaines poussées ne nécessitent pas de traitements médicamenteux.On recommande actuellement un traitement par perfusion intraveineuse de méthyle- prédnisolone à fortes doses et de durée brève (3g par perfusion sur 3 à 6 jours ou 5 g sur 5 jours pour certains). La cortisone réduit l’inflammation à l’endroit d’une nouvelle démyélinisation, ce qui permet une récupération meilleure et plus rapide. Ce traitement permet de diminuer la durée de la poussée et sa gravité, sans toutefois agir sur l’évolution générale de la maladie.

Traitement de fond

Il a pour but de modifier l’évolution naturelle de la maladie. Deux classes de traitements sont aujourd’hui proposés : les immunomodulateurs et les immunosuppresseurs.
Dans la SEP, il existe deux types d’immunomodulateurs actuellement disponibles : les interférons et le l’acétate de Glatiramer (Copaxone?). Leur administration est sous-cutanée ou intramusculaire, selon les produits et ils contribuent à la diminution de la fréquence des poussées d’environ d’1/3 en deux ans. Les immunosuppresseurs sont plus agressifs que les immunomodulateurs, certains sont réservés à des formes particulièrement actives de la SEP et nécessitent une surveillance importante avec des prises de sang et des contrôles, notamment des fonctions cardiaque ou rénale, du fait de leur éventuelle toxicité.